Station spaciale
Après des années d'études, le projet est lancé en 1984 par l'administration Reagan et baptisé Freedom en 1988, afin de rivaliser avec les stations soviétiques Saliout, mais un coût estimé toujours croissant et un contexte politique peu favorable ne lui permettent pas d'obtenir le feu vert du Congrès. Après la dissolution de l'Union Soviétique, la Russie rejoint le projet en 1993 et la station devient la fusion des projets Freedom et Mir-2. Une phase de préparation voit les navettes américaines visiter la station russe Mir de 1995 à 1998 (Shuttle-Mir), avant de débuter l'assemblage de la station en 1998 avec la signature de l'accord final. Les modules russes sont lancés par des fusées Proton et Soyouz, les autres par la navette spatiale américaine, mais l'accident de Columbia en 2003 retarde le projet dont les ambitions sont revues à la baisse faute de budget de part et d'autre, puis la station est complétée en 2011 avec la fin des navettes. Une flotte de véhicules cargo ravitaille et maintient l'orbite de la station contre la traînée, dont les Progress russes, les ATV européens, les HTV japonais, et les Cygnus et Dragon américains. Le véhicule russe Soyouz est le seul moyen de transport des astronautes jusqu'en 2020, date de mise en service du Crew Dragon de SpaceX. L'ISS est le plus grand objet jamais construit dans l'espace, avec 74 mètres de longueur et 109 mètres d'envergure pour une masse d'environ 420 tonnes, orbitant à une altitude entre 330-420 kilomètres. À l'arrière le segment russe reprend l'architecture de Mir et se charge du contrôle d'attitude et du maintien d'orbite ; à l'avant le segment américain beaucoup plus grand accueille les autres partenaires et fourni l'essentiel de l'énergie électrique via les panneaux solaires de la poutre. La station compte une quinzaine de modules pressurisés pour un volume d'environ 900 m3 dont 400 m3 habitables. Ayant accueillie jusqu'à 13 personnes à bord, l'équipage permanent est au départ de 3 astronautes, puis 6 à partir de 2009 et 7 depuis 2021, pour des séjours d'une durée typique de 6 ou 8 mois voire un an. Ils partagent leur temps entre la maintenance et les expériences scientifiques, avec des travaux portant surtout sur la biologie et l'adaptation du corps humain à l'apesanteur, la science des matériaux, et l'astronomie.
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